Ce devait être en novembre passé, avec
l'hiver en avance,
il faisait déjà assez froid même si l'automne était encore bien présent avec ses couleurs flamboyantes. C'était le matin, le jour se levait, la lumière bien que déjà présente était voilée par un ciel laiteux.
Quelques personnes le pas pressé s'en allaient ça et là reprendre leurs activités diurnes
il faisait déjà assez froid même si l'automne était encore bien présent avec ses couleurs flamboyantes. C'était le matin, le jour se levait, la lumière bien que déjà présente était voilée par un ciel laiteux.
Quelques personnes le pas pressé s'en allaient ça et là reprendre leurs activités diurnes
Elle est grande, trop grande pour son corps courbé par le temps. Elle avançait péniblement ; une ondulation rythmait ses pas. Une ondulation, dictée par toutes les contraintes de ce long corps
meurtri par le temps. Elle était vêtue d'une veste blanche qui laissait
entrevoir une tunique bleue turquoise.
En bandoulière, un sac
rectangulaire marron pendouillait au gré de sa danse.
Un pas !
Lentement décollé du sol, le pied se lève, se tord et se retord, avance
dans les airs selon une courbe diffuse, confuse pour retrouver sa juste
place. Il se dépose alors lentement au sol, dans une lourdeur mal
retenue... Le visage de la vieille dame se crispant à l'approche du sol puis se raidissant à l'atterrissage du pied. La souffrance est contenue,
c'était au tour de l'autre pied maintenant...
Je suis dans ma
voiture, je viens de me parquer le long de ce trottoir en pierre.
Le quartier est sympa, avec ses maisons basses, ses grands arbres, sa vieille église...
J'écoute du Bach, un air qui s'accrocha toute de suite à la vielle dame du trottoir d'en face.
Les pas de la souffrance, se sont synchronisés avec les mesures de cette belle musique
mettant un relief si particulier à cette danse involontaire effectuée par ce corps fragilisé par l'âge.
Elle rendait sa douleur plus perceptible mais aussi plus acceptable ;
son visage respirait la bonté et la dignité.
Le quartier est sympa, avec ses maisons basses, ses grands arbres, sa vieille église...
J'écoute du Bach, un air qui s'accrocha toute de suite à la vielle dame du trottoir d'en face.
Les pas de la souffrance, se sont synchronisés avec les mesures de cette belle musique
mettant un relief si particulier à cette danse involontaire effectuée par ce corps fragilisé par l'âge.
Elle rendait sa douleur plus perceptible mais aussi plus acceptable ;
son visage respirait la bonté et la dignité.
En hommage à cette vieille dame inconnue.
Quartier du Petit-Saconnex, Ge-CH.
Nourrédine
Automne 2010 - C'est mon texte préféré.
Musique : J.S. Bach Suite française No. 2 Allemande
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RépondreSupprimerJe me rappelle encore ce poème de Ronsard "La vielle" étudié en classe de première:
...
Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.
Aller, éteignez votre ordinateur et reprenez une vie normale.