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Affichage des articles du 2019

Stickers

Ils étaient là, parmi nous, mais on ne les voyait pas Le mâle est grand, bedonnant et moustachu tel un pacha La femelle petite, poilue avec un air coquin Asservie, toujours guidée et tenue par la main Depuis peu, c’est l’heure de la revanche Elles circulent à bord d’engins de chantier en robe blanche Vous savez, ceux qui servent à aplanir les différences Et on retrouve ça et là, les empreintes de leur vengeance Il faudra attendre l’année 2234 avant que tout soit bien aplani En attendant, des engins de chantier sont subtilisés chaque nuit Et on les croise chaque jour à travers le monde Et partout, des stickers blancs collés au bitume immonde Au début, on ne comprenais pas pourquoi, elles aussi, étaient aplaties Erreur de pilotage, seuls les mâles étaient visés Mais peu à peu elles s’améliorèrent et les empruntes ne sont que mâles En 2235, la terre devenue plate, ne comptait plus qu’un seul mâle... Chouchou ! Inspiration : Atelier d’écriture 353 Le thème interdi...

Femme bleue

Boubakar, se souvient de tout, il tourne autour de cette arène A chaque pas, s’éveillent en lui les pages de sa destinée africaine De ce soir où elle l’avait choisi en pleine savane lors de sa fuite du malheur De ces odeurs de terre séchée, de ce parfum d’encens ensorceleur De ce noir aux lèvres plus sensuel que tous ces bâtons de couleur De ce henné qui habille ses ongles mieux que tous les vernis trompeurs De son déhanché battant le mil aux rythmes endiablés des chants répétitifs De ce sourire aux dents éclatantes rien que pour lui, pourtant fugitif Sa fuite de la misère l’avait amené sous ces acacias A bout de souffle, il avait erré affamé, à demi mort, perdu et las C’est au son de cette musique répétitive et hypnotisante Qu’il se réveillait, mélodie à la fois douce et envoutante C’était la semaine noire de Boubakar au camp de N'djembeu Le noir qui revit de ses souvenirs dans cette arène Boubakar retourne sous sa tente, nourri de sa ballade quotidienne Demain,...

Les filles macarons

Elisabeth entretien son sourire et son diabète Elle n’arrive pas à gérer sa diète Et devant un macaron Elle jouit, Elle fond Fanny la cadette, tout le temps elle rit Bouche ouverte, dents noircies Engluées de chocolat fondant Qu’elle utilise comme remontant Brigitte, elle, sagement elle profite Regard pudique baissé vers ses cuisses Convoitées par l’amie venue de Suisse A la recherche des racines de son clite Albertine, coquine et libertine Arbore un sourire qu'on devine Long comme sa main baladeuse Furtive, vive et fouineuse C’est la vie des macarons ! Nourrédine Inspiration : Atelier d’écriture 348 Photo : The joy of film Musique : Une femme pour une femme

L'embrouille

L'incertitude se promenait sur une grande allée vertueuse Dans les méandres d'une onde douteuse Hésitante entre ambiguïté et ambivalence  De quel côté son corps balance !   Blonde ou bruine, ce n'est qu'une question d'humidité Brumasse crachant sa timide nudité Vapeurs volatiles, brouillasse bien grasse Emmitouflée d'un épais nuage goût vinasse Ne sachant plus où divaguer sans détours Le chemin se perd dans cet obscur discours Un égarement nébuleux, anarchique et chaotique Menant à une inavouable tension tantrique Débrouilles-toi - débrouille art Nourrédine Inspiration : Atelier d'écriture N. 345 Photo © Ingmar Hoogerhoud1 Pour cette photo, il est interdit de parler nature et voyage. (Huhu)   Musique : Iron Maiden - Fear of The Dark

Obsidienne

Petite pierre noire, rageuse et cruelle Tu dévales du néant, malicieuse et rebelle Dans un bruit sombre comme ta colère Enfouie au fin fond de ta chair Petite pierre noire, tu glisses entre mes doigts Farfouillant à la recherche de je ne sais quoi Tes rires se coagulent dans les artères de ma mémoire Stalactites figées en fines gouttelettes d'espoir Petite veuve noire, au baisé toxique Tes cris éclaboussent la nuit d’une lueur volcanique Je ne me souviens plus... plus qu'une image Une licorne noire indomptable et sauvage Puisque c'est parti, je ne sais où ? Puisque t'es partie,  je ne sais où ? J'enroule nos souvenirs, pépite pierre noire Loin dans le trou noir de ma mémoire Petite pierre noire Tu brûles de mille feux, comme un diamant Petite perle nacrée rouge et noire Roule, roule, roule Puisque c'est parti, je ne sais où ? Puisque t'es partie,  je ne sais où ? J'enfonce nos souvenirs, pépite pierre ...

Songe matinal

Ce matin là, une autre partie de moi suffoque, mon esprit est en apnée Je tourne en boucle autour de ce point qui me satellise autour de toi Hypnotisé par tes lignes blanches qui défilent à l’infini Sentiment de dérive intérieure, d’étouffement Je lève les yeux vers cette fenêtre entre-ouverte sur ton cœur En face, un mur de briques rouges et noires Une incompréhensible pesanteur me fige et m’immobilise Impression de ne pas pouvoir avancer comme collé à ce bitume Englué dans cette ruelle, comme dans une impasse Je devrais m’extirper de cette voie sans issue Je cherche une solution à cette angoisse qui ne me lâche plus Et qui me transperce jour après jour… Je me retourne cherchant enfin une porte de sortie J’entrevois les prémisses d’une métamorphose... Ce matin là, une voix intérieure me dicte de tout lâcher ! Pourtant, je reste confortablement étourdi, quelle folie ! Comment trouver les mots…dans ce brouillard de plus en plus épais Je ne m’écoute pas, je brouille ...

Caramels nous

Le cerveau tout ramolli, je m’éveille les yeux mi-clos Ce fichu caramel qui englue mon cerveau colle à ta peau Ma barbe drue et dense s’agrippe à tes cheveux Je farfouille dedans, pas même une blague pour se détendre Ça chauffe, tu transpires, je te goûte, encore une saveur suave un peu brûlée Mon cerveau devenu liquide déborde de cette bière ambrée Je mets la tête dans le congélateur histoire de conserver nos souvenirs Mais le caramel se fige et se durci tellement que j’en ai mal aux méninges Je la mets sous ton chapeau, elle me dit qu’il fait trop chaud… Alors, j’étire délicatement ce caramel mou qui s’étend dans le ciel De sa belle courbe diabolique très typique Je l’enroule lentement tout autour de ton corps Je tire fort et sec, ouïe, aïe, l’épilation est radicale ! Devenue toute lisse, plus rien pour se raccrocher Je tends la main, mais tu m'échappes, tu glisses Perdue à jamais dans l'espace X Aie, aie, car-em-ba ! Nourrédine Petit délire sucré :-) ...

Shtak !

Je cheminais guilleret sur ce sentier brumeux Des feuilles mortes volaient dans un ciel de liberté Traçant les contours d’un monde flottants et sinueux Où complicité flirtait sans cesse avec obscurité Abreuvées par une alchimie inattendue et sauvage Des racines s’enfonçaient profondément dans mes entrailles Leurs ramifications écrivaient dans ma chair une belle page D'une histoire simple, sans fioritures ni compromis Lorsque, hésitante, une bourrasque soudaine s’en emparait Les arrachant brutalement, emportées par cette tourmente Laissant mes entrailles ouvertes et sanguinolentes Un long fleuve de mots dégoulinants, cicatrisait mes plaies Je m’abandonne encore et toujours à la vie Sans regrets ni amertume, plein de ce bonheur Cette belle cicatrice traversant mon cœur Vestige indélébile de ces moments exquis Je jette un dernier regard furtif sur ce passé révolu Qui s’égrène mot à mot sur le bitume rugueux de cette route La brume au loin, dessine les perspec...

Une valse à tricycle

Une, deux, une, deux, … Et nous voilà partis à bicyclette Pour une randonnée à deux temps Le panier suspendu au guidon, toi en amazone Une, deux, une, deux, … Un vieux comté, un château Margaux au fond du panier Et nous voilà au milieu du pré Sur un pas de gavotte, sautillant et s’embrassant Oh, c’est passé si vite ! On prolonge le plaisir On rajoute un temps Une, deux, trois, une, deux, trois, … Nous voilà, repartis dans ce tourbillon Pour une belle valse à trois temps Je te revois encore Te dandinant, appuyant sur les pédales De tout ton corps, de toute mon âme Plusieurs années plus tard Dans la cour de nos amours Je t’y surprends encore, la nuit Une valse à tous les temps Une valse au présent Rythmée sur trois temps Prenons notre temps, un soupir Un temps, deux temps, trois temps Un temps mordant, crescendo Un temps pour accorder nos instruments Au trémolo crescendo de ta voix Nous voila au diapason, à l’unisson Nul besoin de métronome Le tem...

Automne joyeux

La douceur persistante de l’été s’évapore Ton corps encore brumeux envahi mon esprit Drapé de couleurs flamboyantes Exaltant ses odeurs d’ambre musqué Automne, repos de nos âmes Repos de mes yeux, plongés dans ton regard Tremblante comme une feuille, tu danses
 Au doux vrombissement d'une viole de gambe Automne, belle grisaille Ambiance brumeuse, heureuse Apaisant en douceur notre mémoire Croissant fertile, terreau de nos amours Jouissons de ce mystère qui attise tous nos sens Automne mon amour Mélancolie joyeuse Nourrédine, Inspiration : L’automne, ma saison préférée depuis toujours. Musiques : Strange Mood   composée par Aziza Mustapha Zadeh et interprétée par Will Bedi Karl Friedrich Abel, Allegro par Johanna Rose à la viole de gambe  Photo : © Nourrédine 

Red Millésime

I think your period is coming… Robe intense, rouge pourpre, Goût corsé et fort caractère ! Odeur suave et senteur terre Sombre ambiance sous kimono Un moment d’étrange solitude Parfois exagérément intense Un manque irrationnel de sens Un moment d’extrême turpitude Tannique, fruitée et charnue Tu te bonifie avec l’âge Apprenons à vivre ce moment Ensemble, communément Pour oublier ce moment corpulent D’abord, je te fais délicatement tourner Telle une derviche détournante A faire enfler ce kimono puissant Cette ambiance apaisante Rouge feutrée, rouge cambrée Au détour sinueux de ton cou Si habilement éclairé, je te couvrirai De mille petits baisés frissonnants Délicatement à ces petites oreilles Je  murmurerai une petite comptine  Tu t’endormira enfin apaisée Moi exploitant, récoltant ta tempête That’s life, period ! Nourrédine Musique : Melody Gardot Baby I'm a fool Inspiration : Artiste d'un monde flottant Atelier d'écriture 321 Photo :...