Boubakar, se souvient de tout, il tourne autour de cette arène
A chaque pas, s’éveillent en lui les pages de sa destinée africaine
De ce soir où elle l’avait choisi en pleine savane lors de sa fuite du malheur
De ces odeurs de terre séchée, de ce parfum d’encens ensorceleur
De ce noir aux lèvres plus sensuel que tous ces bâtons de couleur
De ce henné qui habille ses ongles mieux que tous les vernis trompeurs
De son déhanché battant le mil aux rythmes endiablés des chants répétitifs
De ce sourire aux dents éclatantes rien que pour lui, pourtant fugitif
Sa fuite de la misère l’avait amené sous ces acacias
A bout de souffle, il avait erré affamé, à demi mort, perdu et las
C’est au son de cette musique répétitive et hypnotisante
Qu’il se réveillait, mélodie à la fois douce et envoutante
C’était la semaine noire de Boubakar au camp de N'djembeu
Le noir qui revit de ses souvenirs dans cette arène
Boubakar retourne sous sa tente, nourri de sa ballade quotidienne
Demain, il repart, destination Utrecht, retrouver sa flamme bleue…
Inspiration : Atelier d’écriture 351
Photo : © Evgeny Nelmin
Musique : Deux très belles chansons pour illustrer ce texte :
Les Filles de Illighadad -Telilit
Les Filles de Illighadad – Tende

Les commentaires des participants à l'atelier sont sur le site de l'Atelier.
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