Avis de disparition : Un jeune homme âgé de 21 ans, blond portant des lunettes de vue a disparu le jour d’avant vers 13h00. Il était vêtu d’un pantalon beige, d’un t-shirt noir et portait un sac à dos anthracite. La dernière fois qu’il a été aperçu, il consultait un message reçu sur son smartphone.
Si vous avez des informations le concernant, merci de contacter le poste de police le plus proche.
Cela faisait trois jours et trois nuits qu’il errait dans ce labyrinthe à suivre de façon méthodique et obsédée cette ligne qui serpentait dans ces catacombes sombres et lugubres. La peur avait laissé place à une curiosité exacerbée par ces traits lumineux qui zigzaguaient selon un schéma pensé par un esprit à la fois brillant et dantesque. Il était à la recherche du Saint Graal et se sentait porté par une mission hautement symbolique qui ne manquerait pas de ranimer sa popularité ternie de Youtubeur.
A présent il était debout face à ce carré lumineux au fond noir, suspendu en l’air comme par enchantement, tel un trou noir absorbant tout ce qui s’en approcherait, matière et esprit.
Il avait osé, osé regarder à l’intérieur de ce carré malgré l’interdiction formulée par une voix sans corps, une voix féminine et sensuelle venue de nulle part; il fut instantanément pétrifié !
Rien ne pouvait le faire changer de position, les yeux grands ouverts, la bouche bée, avec un regard si vivant, on n'entendait même plus son souffle de vie. Il était plus vrai que nature, pétrifié comme une statue de Pompéi, momifié par le souffle chaud produit par les entrailles de la terre en colère, comme une forme de punition. Sur son front gravé à même la chair, on pouvait lire l’inscription “Le nom de la rose”.
Trois jours plus tôt, il se trouvait à Paris rue de la Montagne Saint-Geneviève. Alors qu’il déjeunait dans le troquet au coin de la rue des Ecoles où il avala rapidement un Poilâne jambon gratiné et une bière, il reçu un message très étrange. L’expéditeur indiquait “Élisabeth-Charlotte du Palatinat, comtesse de Simmern”, le message était incompréhensible : “La fufcription de ladite Lettre eftoit, Au fereniffime Segneur le Duc d’Orléans, mon coufin, les perfonnes qui fuivrons au fouf fol la lumière mon filf...”.
C’était trop intriguant, il emprunta immédiatement l’escalier qui menait aux toilettes, mais continua à descendre les marches. La descente était interminable, au moins 10 étages dans les entrailles de Paris. Enfin, il trouva une inscription, “Fuis moi”, une ligne lumineuse indiquait le départ.
Les conclusions du rapport des enquêteurs de la gendarmerie faisaient état d’une confusion regrettable; il s’agissait en fait de la statue de Plastique Bertrand exposée au Musée Grévin. Personne n’avait disparu, personne n’était pétrifié si ce n’est cette statue de cire, toute cette histoire avait été inventée par l’arrière petit fils de la comtesse dans sa quête de notoriété.
Un non lieu a été prononcé et l’affaire fut close.
La nuit suivante, une réunion se tenait sous la cathédrale Notre Dame, la loge numéro quatre était présente au grand complet, l’archiduc d’Orléans présidait la séance. Il prononça la phrase secrète qui désactiva toutes les lignes lumineuses qui animaient les catacombes, de nouveaux plans machiavéliques étaient en préparation.
Nourrédine
Inspiration : Atelier d’écriture 323. Photo de Steve Ramon.
La Main Harmonique · Frédéric Bétous

J’aime beaucoup le mélange des époques mais aussi le mélange d’ambiance de ton texte. On se retrouve plongé tantôt dans le réel, tantôt dans l’énigmatique, ou encore dans l’étrange. Le tout avec une touche d’ironie ;)…
RépondreSupprimerLa musique est superbe et je trouve qu’elle s’adapte parfaitement au texte.
Merci pour cette surprenante et agréable lecture ;)
Merci Jos. Je suis heureux que vous ayez ressenti ce qui m'avais inspiré dans ce texte.
SupprimerC'est génial ! J'adore l'idée fantastico-historique, le contexte, la musique proposée, le rythme du texte, les clins d'oeil amusants,... Bravo.
RépondreSupprimerMerci.
SupprimerBelle imagination,je me suis laissé happer par le récit !
RépondreSupprimerMerci Laurence. J'aime beaucoup (Ok c'est un film...) dans Out of Africa, lorsque Meryl Streep raconte une histoire toute une nuit en partant d'une phrase donnée au hasard, j'adore ce passage où l'imagination semble infinie https://www.youtube.com/watch?v=jfVeOF6_cLg
SupprimerOui, je me souviens bien d'Out of Africa et particulièrement de cette séquence à l'atmosphère envoutante ! Et pour cause, c'est mon moment préféré :)
SupprimerJe me suis régalée de toutes ces descriptions, envoûtante lecture, que l'on lit dans un souffle, merci à toi
RépondreSupprimerMerci janickmm
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